Gestion durable des forêts et« approche par écosystème »
L’approche par écosystème est un principe fondamental de la mise en Å“uvre de la Convention sur la diversité biologique.
Il n’y a pas de définition convenue de l’approche par écosystème sous la CDB mais la description ainsi qu’un ensemble de principes pour son application furent développées lors d’une réunion d’experts au Malawi en 1998 — connus sous le nom de « Principes du Malawi ». La description, cinq points de direction opérationnels, fut adopté par la cinquième conférence des Parties en 2000. La description de la CDB est la suivante :
- « On entend par “écosystème” un complexe dynamique formé de communautés de plantes, d’animaux et de micro-organismes et de leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une unité fonctionnelle ».
- Cette définition ne mentionne pas d’unité ou d’échelle spatiale particulière, contrairement à la définition de la l’habitat” donnée par la Convention. Par conséquent, le terme « écosystème » ne correspond pas nécessairement aux termes « biome » ou « zone écologique », mais peut renvoyer à toute unité fonctionnelle, à quelque échelle que ce soit. De fait, c’est le problème à considérer qui devrait déterminer l’échelle de l’analyse et de l’action. Ce pourrait être, par exemple, un grain de terre arable, un étang, une forêt, un biome ou toute la biosphère.
L’approche par écosystème est une stratégie de gestion intégrée des terres, des eaux et des ressources vivantes, qui favorise la conservation et l’utilisation durable d’une manière équitable. Ainsi, l’application d’une telle approche aidera à assurer l’équilibre entre les trois objectifs de la Convention que sont la conservation, l’utilisation durable et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.
L’approche par écosystème repose sur l’application de méthodes scientifiques appropriées aux divers niveaux d’organisation biologique, qui incluent les processus, les fonctions et les interactions essentiels entre les organismes et leur environnement. Elle reconnaît que les êtres humains, avec leur diversité culturelle, font partie intégrante des écosystèmes.
L’accent mis sur la structure, les processus, les fonctions et les interactions est dans le droit fil de la définition de l’écosystème, qu’on trouve à l’Article 2 de la Convention qui se lit comme suit :
L’approche par écosystème exige une gestion qui puisse s’adapter à la nature complexe et dynamique des écosystèmes et à une connaissance et une compréhension insuffisante de leur fonctionnement. Les écosystèmes obéissent souvent à des processus non linéaires, et l’on observe fréquemment un décalage entre ces processus et l’apparition de leurs conséquences. Il en résulte des discontinuités, qui engendrent la surprise et l’incertitude. La gestion doit savoir s’adapter pour répondre à ces incertitudes et accepter dans une certaine mesure d’apprendre « sur le tas » ou tirer parti des résultats de recherche. Il peut se révéler nécessaire de prendre certaines mesures même lorsque la relation de cause à effet n’a pu être parfaitement établie sur le plan scientifique.
L’approche par écosystème, qui n’exclut pas d’autres méthodes de gestion et de conservation telles que les réserves de la biosphère, les zones protégées et les programmes de conservation portant sur une espèce déterminée, ainsi que d’autres approches utilisées dans le cadre des politiques et législations nationales, pourrait plutôt intégrer toutes ces approches et d’autres méthodes pour traiter des situations complexes. Il n’y a pas une seule façon d’appliquer l’approche par écosystème car elle dépend des conditions locales, provinciales, nationales, régionales ou mondiales. En fait, l’approche par écosystème pourrait être utilisée de diverses façons en tant que cadre propre à assurer concrètement la réalisation des objectifs de la Convention.
La gestion durable des forêts a été reconnue par les Parties de la Convention sur la diversité biologique en 2004 (décision VII/11 de la 7 conférence des Parties) comme étant un moyen concret d’appliquer l’approche par écosystème aux écosystèmes forestiers.
L’approche par écosystème pour la diversité biologique des forêts peut être décrite comme une stratégie de gestion intégrée des forêts qui favorise la conservation et l’utilisation durable de manière équitable. Les êtres humains, dans leur diversité culturelle, font partie intégrante de l’écosystème forestier. L’approche par écosystème nécessite une gestion adaptée pour traiter la nature dynamique et complexe de l’écosystème forestier et l’absence de connaissances ou de compréhension complète de son fonctionnement.
L’écosystèmes forestier devrait donc être géré pour ses valeurs intrinsèques et pour les bénéfices qu’il apporte aux êtres humains, d’une manière juste et équitable. Ses gestionnaires devrait considérer les effets, actuells et potentiells de leurs activités, pour éviter des effets inconnus et imprévisibles sur son fonctionnement et, donc, sur sa valeur. L’écosystème forestier devrait également être compris et géré dans un contexte économique. En particulier, les coûts et les bénéfices de l’écosystème forestier devraient être internalisés dans la mesure du possible. En outre, les distorsions du marché qui compromettent la diversité biologique de la forêt devraient être réduites et des incitations qui favorisent la diversité biologique et la gestion durable devraient être appliquées.
En conclusion, la gestion de l’écosystème forestier doit se faire à l’intérieur des limites de sa dynamique. Par conséquent, la conservation de leur structure et leur fonctionnement doivent être la priorité. C’est la nécessité pour conserver ses pleines valeurs, y compris les marchandises et services que la forêts délivrent aux être humains.
En Europe, le MCPFE et le « Conseil pour la Stratégie pour la diversité biologique et paysagère pan-européenne » (PEBLDS) ont conjointement reconnu que la gestion durable des forêts était en accord avec l’approche écosystémique en 2006 ((en)[pdf] dixième réunion du Conseil de la PEBLDS).