Le cas des labels forestiers
Face à la destruction accélérée des forêts primaires et face à l’absence totale de réglementation internationale sur la gestion sylvicole, dans les années 1980, certaines ONG environnementales, des collectivité ou consommateurs individuels ont envisagé ou promu un boycott des bois tropicaux. Dans le même temps, de grandes campagnes appelant à la protection de forêts primaires étaient conduites qui ont sensibilisé la population et de nombreux élus, mais sans arrêter la vague de destruction.
Le boycott pouvait avoir plusieurs effets pervers :
accélération de la conversion déjà entamée des forêts en terres agricoles (herbages, soja..) au détriment des populations autochtones et en général du sol, de l’eau, de l’air et des écosystèmes.
report des achats de bois vers le béton, l’aluminium ou les plastiques, matériaux à empreinte écologique également problématique, faisant appel à des ressources non renouvelables. Enfin, freiner l’usage des bois tropicaux,
report de la pression des acheteurs de bois vers les forêts boréales ou tempérées (Canada, Finlande, Sibérie, Norvège..)
création d’arbres OGM produisant leur propre insecticide Bt, tolérants à un désherbant total, ou à croissance accélérée (c’est-à -dire consommant plus d’eau et de nutriment), ou sans lignine, etc.
Pour aider le consommateur à identifier le bois venant de forêts gérées de manière durable ou éco et socio-responsable (gestion soutenable) et ainsi aider leurs propriétaires ou exploitants à s’intéresser puis à investir dans cette gestion plus écologique, éthique et socio-responsable, plusieurs groupes ont créé des écolabels dont le contenu et la portée sont variables. Ils visent à certifier la gestion forestière en amont et pour certains labels toute la filière (« certification de chaînes de contrôles »). Une limite est qu’une partie du marché peu visible du public (palettes, bois de coffrage, etc.) échappe à la demande d’écocertification, sauf si les entreprises qui les utilisent l’exigeaient, ce qui n’est pas ou très rarement le cas.
Exemples de labels forestiers nationaux intégrant une dimension environnementale
Australie AFS (en) (Australian Forestry Standard)
Brésil : CERFLOR (portugais) (Certificação Florestal)
Canada : CSA (fr) (Canadian Standards Association)
Chili : CERTFOR (es) (Sistema de Certificación de Manejo Forestal Sustentable) (en) .
États-Unis : ATFS (American Tree Farm System) + SFI (Sustainable Forestry Initiative) http://www.treefarmsystem.org/cms/pages/26_19.html (anglais).
Finlande : FFCS (Finnish Forest Certification System) http://www.aboutsfi.org/core.asp (anglais), http://www.ffcs-finland.org/eng/index.htm (anglais).
Indonésie : LEI (Lembaga Ekolabel Indonesia) ; http://www.lei.or.id/english/index.php (anglais).
Malaisie : MTCC (Malaysian Timber Certification Council) http://www.mtcc.com.my/ (anglais).
Pays-Bas : Keurhout. http://www.keurhout.nl (hollandais) ; http://www.cimage-ltd.com/ponts/keurhout/keur.html (français).
Exemples de labels pancontinental :
Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes est créé en 1999. D’abord paneuropéen, il est d’envergure mondiale depuis 2004 ; http://www.pefc.org (anglais) ; http://www.pefc-france.org (français)
Forest Stewardship Council, qui couvre la planète depuis sa création en 1993 ; http://www.fsc.org (anglais).