Le contrôle de la déforestation
Par les consommateurs
Consommation de bois
Pour utiliser du bois en évitant la consommation abusive d’essences menacées, il existe différents moyens : 1. Les bois éco-certifiés : des bois exotiques bénéficiant d’une éco-certification (PEFC, FSC…) garantissent une provenance de forêts dont la ressource est gérée de manière durable. Le boycott des bois exotiques non menacés pourrait ralentir le développement des pays concernés et paradoxalement provoquer un effet inverse : la forêt, devenue non rentable, serait défrichée et mise à disposition de l’agriculture.
![]() Logo de la certification PEFC |
![]() Logo de la certification FSC |
2. Les bois naturellement durables: Il s’agit de choisir des bois locaux (dit aussi bois de pays ou essences indigènes) qui peuvent présenter une bonne durabilité naturelle (acacia, robinier (faux acacia), châtaignier, chêne, sapin de Douglas, mélèze, cèdre rouge (western red cedar)…). Ils ne nécessitent pas de traitement particulier s’ils sont utilisés pour des applications définies (classe 1 = intérieur ; classe 2 = intérieur avec risque ponctuel d’humidification ; classe 3 = extérieur avec humidification temporaire sans contact avec le sol ; classe 4 = extérieur humidification permanente en contact avec le sol ; classe 5 = milieu marin immergé dans l’eau).
Les espèces menacées (voir l’inventaire CITES ou mieux, l’inventaire mondial de l’UICN) devraient être connues et boycottées. Réduction de notre consommation de papier et de bois, recyclage et restauration du bois abîmé.
Consommation d’autres produits agricoles
La culture du soja et des palmiers à huile est une des causes principales de déforestation. On peut contrôler la consommation de ces ingrédients car on les trouve dans de nombreux produits alimentaires ou alors ils sont utilisés pour la nourriture du bétail.
Par la société
Les entreprises et les professionnels peuvent pratiquer une gestion durable du milieu en mettant en place des plans de gestion adaptés au long terme, en pratiquant le « Non Timber Forest Products » - c’est-à -dire la procédure permettant de récolter les produits forestiers (bois de feu, fruits…) sans couper les arbres - en plantant des haies (Le bénéfice en productivité peut aller de 25 à 100%), en augmentant les jachères en agriculture…
Les associations peuvent valoriser l’aspect social et environnemental des forêts, sensibiliser le public et les pays en voie de développement ou encore apporter d’autres formes d’énergie aux pays du Sud que le bois de chauffage.
=> La science peut améliorer nos connaissances actuelles en terme de protection naturelle des forêts contre les maladies, champignons ou insectes, elle peut apporter d’autres modes de gestion, créer des produits de substitution aux matériaux forestiers…
Par les États
Restauration et reboisement des espaces forestiers détériorés (la régénération naturelle étant la meilleure solution)
Le classement de parcelles en réserves protégées (12% devraient l’être selon l’objectif fixé par la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement), parcs, forêts de protection etc. est primordiale. La création et le maintien d’un réseau entre ces zones (corridors biologiques) est également importante. Des zones tampon autour des zones protégées (exploitation extensive) seraient également une bonne chose. Les États peuvent encore participer aux plans d’action forestiers nationaux (PAFN) : il s’agit d’une collaboration internationale visant à une gestion idéale des forêts. Les permis d’exploitation doivent être plus restrictifs.
Les États doivent former et sensibiliser les professionnels agricoles et sylvicoles aux problèmes environnementaux. Ils doivent également fournir aide et assistance technique aux exploitants et aux propriétaires.
Les populations vivant en forêt doivent également être sensibilisées, en échange de quoi elles (et notamment les tribus indigènes) mériteraient d’obtenir les parcelles qu’elles occupent.
La création et la valorisation de fonds forestiers dédiés à la protection et à la gestion durable des forêts est un élément primordial dans la lutte contre la déforestation. Ces fonds aideraient les ONG et les pays en voie de développement, subventionneraient des reboisements et des outils de protection (contrôle des feux, réglementation, clôtures…) etc.
respect des conventions signées (Convention sur la diversité biologique, CITES, Convention pour la lutte contre la désertification, Accord international sur les bois tropicaux…).
Par les lois
Lois sur les forêts : Mise en place et application d’un régime législatif forestier intégrant mieux la protection, la restauration et la gestion de l’environnement. C’était le projet du Sommet de la Terre en Juin 1992 à Rio, mais le projet de Convention mondiale s’est transformé en une déclaration de principes d’intention, faute d’entente entre les lobbies et les pays.
Application de la CITES (convention internationale sur le commerce international d’espèces de faune et de flore menacées d’extinction) interdisant notamment le commerce d’arbres rares ou menacés.
Lutte contre l’exploitation clandestine (FLEGT : Forest Law Enforcement Governance and Trade) et contrôles à l’importation. 15% du bois mondial est en effet illégal. Au Brésil par exemple, environ 80% du bois serait exploité clandestinement.

