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Conséquences


La première conséquence de la déforestation est la mise en péril de nombreuses espèces, parfois encore inconnues, par suite de la disparition de leur habitat naturel, et donc une diminution de la biodiversité. Cependant, il convient de rester prudent sur les effets de la déforestation car l’extension des surfaces forestières comme celle de la déforestation ne sont pas des données scientifiquement établies et indiscutables.

En Amérique du Sud, notamment au Brésil, les populations locales sont menacées par la déforestation dans leur mode de vie traditionnel.

Les forêts tropicales humides émettent des quantités très importantes d’oxygène et absorbent beaucoup de CO2, les déchets de matières organiques produisent également beaucoup de méthane (qui est aussi un gaz à effet de serre). Ces écosystèmes complexes demanderaient à être préservés et mieux étudiés.

La destruction du couvert forestier entraîne aussi une aggravation de l’érosion des sols et la disparition de l’humus accumulé.

La déforestation au Brésil le long de l’Amazone provoque une baisse des apports en sédiments dans celui-ci, ce qui entraîne à terme l’assèchement des mangroves plusieurs milliers de kilomètres en aval du fleuve avec pour conséquences :



La disparition d’une biodiversité unique au monde ;

La disparition pour les indiens de leurs revenus du fait de la disparition de cet écosystème.




Conséquences climatiques


La déforestation provoque une modification du climat à l’échelle mondiale aussi bien qu’à l’échelle locale

Conséquences sur les climats locaux et microclimats : : les arbres contribuent plus que le reste de la flore au phénomène d’évapotranspiration et par là de pluviométrie et condensation des rosées. Ils sont source d’une hygrométrie locale vitale en zone tropicale. Leurs racines décolmatent les sols et peuvent aller chercher l’eau jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de profondeur ou de distance. Ils jouent un rôle de coupe-vent et tempèrent les chocs thermiques. Leur disparition perturbe le couple thermohygrométrique. Enfin, la forêt absorbe la lumière en rafraîchissant l’air par son évapotranspiration, là où le sol nu renvoie l’énergie du soleil vers l’atmosphère qu’il réchauffe et déshydrate (albédo). La température ambiante moyenne peut localement augmenter de plus de 10 °C après une déforestation en zone tropicale. Ce réchauffement local modifie la pression atmosphérique, qui elle-même influe sur le déplacement des masses d’air et des cellules de tempêtes. Les cycles pluviométriques sont donc modifiés à l’échelle mondiale, provoquant sécheresse et inondations anormales.

En termes globaux et d’effet de serre : La biomasse forestière emmagasinait de 1990 à 2005 environ 283 Gigatonnes (Gt), mais avec une diminution enregistrée à l’échelle mondiale de 1,1 Gt par an. La somme des stocks de carbone de la biomasse forestière, du bois-mort, de litière et de l’humus et du sol est environ le double du carbone présent dans toute l’atmosphère. Si les forêts représentent 40% de la quantité de carbone de la biomasse sur Terre, on comprend que leur dégradation puissent faire doubler le taux de CO2 de l’atmosphère. Bien que les arbres absorbent jusqu’à 20 % de CO2 en plus du fait même de l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique, la déforestaiton rejette 1,1 Gt de carbone chaque année. L’effet sur le réchauffement climatique est donc considérable.

Articles détaillés : cycle du carbone, puits de carbone, gaz à effet de serre et rejets de CO2.


Conséquences sur le sol, les milieux et la biodiversité




Sols ; Les coupes-à-blanc exposent (notamment en zone tropicale) les sols aux rigueurs du climat : le lessivage par les pluies torrentielles, alors inutilisées et non-freinées par la végétation emporte l’humus et découvrant la roche-mère inhospitalière pour la végétation. La régénération est freinée par le fait que la plupart des plantes tropicales sont sciaphiles (elles ne peuvent pousser qu’à l’ombre que procure une forêt).
La désertification menace 900 millions de personnes (dont 450 000 paysans dans le sud-ouest de Chine) et touche 3,5 milliards d’hectares, soit le quart des terres émergées.




Biodiversité ; La déforestation cause la destruction d’habitats de milliers d’espèces animales et végétales, souvent condamnées à disparaître. Elle est aussi un facteur de fragmentation écopaysagère qui diminue la résilience écologique des forêts. Une évaluation porte à 3 le nombre d’espèces disparaissant ainsi chaque heure (soit 72/jour et 26 280/an).
La forêt est en effet le milieu terrestre qui abrite et nourrit le plus d’êtres vivants.




Eaux ; les forêts régulent le régime hydrique ; elles retiennent la majorité de l’eau de pluie qu’elles interceptent ou l’infiltrent en rechargeant la nappe phréatique (dix fois plus environ qu’une pâture ; elle même beaucoup plus efficace qu’un champ labouré). L’eau est en partie et progressivement ensuite relâchée par évapotranspiration qui explique qu’il pleuve plus au dessus des forêts que des zones agricoles déforestées.
Le recul des forêts (surtout sur les pentes) favorisent les glissement de terrains, avalanches et coulées de boues, en agumentant la turbidité et la pollution des cours d’eau, au détriment de la flore aquatique, et de la faune piscicole, jusqu’à l’estuaire et au delà (Cf. zones mortes marines).
L’humus fixe dans ses complexes argilo-humiques de nombreux métaux lourds et polluants (dont eutrophisants naturels). Il limite le ruissellement et l’érosion, tout en favorisant l’infiltration vers les nappes. Sa disparition aggrave les problèmes d’inondations, de sécheresse, et de pollution de l’eau.
L’eau filtrée par les forêts alluviales est épurée : 30 mètres de forêt riveraine retiennent la quasi totalité des nitrates agricoles. La déforestation augmente encore les problèmes de manque d’eau potable.
C’est pourquoi de nombreuses législations ont créées des forêts dites « de protection », théoriquement intouchables.




Dégâts physiques ; La déforestation entraîne inexorablement des crues, inondations et coulées de boue de plus en plus coûteuses et dévastatrices. Les sédiments emportés et pollués lors de leur transport par l’eau doivent être coûteusement curés et posent des problèmes de gestion jusque dans les estuaires et en mer où elles exacerbent les phénomènes de zones mortes.
Cette eau qui ruisselle emporte avec elle le sol, qui se retrouve dans le lit et l’embouchure des rivières. Le Rhône a ainsi perdu deux mètres de profondeur en amont de Lyon à cause de la déforestation des alpages de montagne et du labour excessif de son bassin versant.
La rivière encombrée étend donc son lit, aggravant encore les inondations et provoquant des coulées de boue meurtrières, comme ce fut le cas en Chine qui a compris à ses dépens l’utilité des forêts. La déforestation en Chine est stoppée et des dizaines de milliers d’hectares sont reboisé, mais le problème a été simplement déplacée car la chine est devenue un des plus grands importateurs de bois tropicaux et européens.


Conséquences pour l’Homme

Les déboisements non justifiés (d’alignements, notamment urbains et parfois de certaines zones enforestées) sont de moins en moins acceptés par une partie de la population




Le recul des ressources forestières, hydriques et piscicoles et l’avancée de la désertification provoquent :

des cycles d’inondations et sécheresses nouveaux ou aggravés, qui causent des famines et des déplacements de population, lesquels occasionnent des troubles sociaux et politiques. L’augmentation du nombre et des déplacements de “réfugiés climatiques” ainsi que le manque d’eau ou d’eau potable favorisent aussi la dissémination de maladies ou l’apparition de maladies émergeantes, avec éventuel risque d’épidémies voire de pandémie.

L’économie forestière, mais aussi rurale sont détruites là où la désertification ou les plantations industrielles suivent la déforestation. La déforestation au profit des cultures industrielles de soja ou de palmier à huile entraîne, outre un effondrement de la biodiversité, de graves problèmes sociaux et culturels. Dans les pays où le tourisme est la principale source de revenus le recul de la forêt peut le compromettre.

Dégradation du cadre de vie et des fonctions aménitaires du paysage, disparition de patrimoines culturels liés à la forêt, et souvent la mort des populations autochtones : au vingtième siècle, au moins 90 tribus dépendantes de la forêt ont disparu avec leur langue, leur savoir et leur culture, au point que certains parlent de génocide.

perte de ressources médicales et alimentaires inestimables, dont pour la science : 70% des plantes utiles contre le cancer par exemple se trouvent uniquement dans les forêts tropicales humides. Plus d’un quart des médicaments prescrits aux États-Unis sont dérivés de plantes des forêts tropicales.


De même, tout un potentiel d’aliments et de produits inconnus ou encore inutilisés est perdu.

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